Partie du grand bazar de Téhéran le 28 décembre, la contestation s’est étendue à l’ensemble du territoire, grossissant au fil des jours jusqu’à devenir, selon Martha Pobee, du département des affaires politiques de l’ONU, le plus vaste mouvement de protestation dans le pays depuis les manifestations de 2022. Ces dernières avaient été déclenchée par la mort d’une étudiante iranienne d’origine kurde, après son arrestation par la police des mœurs iranienne pour « port de vêtements inappropriés ».
Comme à l’époque, les manifestations des dernières semaines ont très vite pris la forme d’un rejet frontal du régime du régime des ayatollahs, mêlant revendications de libertés, appels à la dignité et slogans explicitement politiques. « Les manifestants ont exprimé des griefs qui allaient bien au-delà des difficultés économiques et financières de longue date », a observé jeudi Mme Pobee, lors d’une réunion du Conseil de sécurité.
Le basculement sécuritaire
Le tournant est intervenu le 8 janvier, alors que les rassemblements, partis de la capitale, gagnaient les grandes villes. Ce jour-là, les autorités ont imposé une coupure quasi totale des communications, évacué de force les résidences universitaires et dressé des barrières de béton autour des centres urbains. Selon des médias et des organisations de défense des droits humains, les forces de l’ordre ont eu recours à une violence massive contre les manifestants – des informations que l’ONU dit ne pas être en mesure de vérifier de manière indépendante.
Les bilans évoqués donnent néanmoins la mesure du choc : des centaines, voire des milliers de morts en quelques jours, entre le 8 et le 10 janvier. Malgré la coupure d’Internet, des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent un parterre de corps dans des sacs mortuaires devant un centre médico-légal à Téhéran. Les autorites, de leur côté, affirment avoir fait face à des «…
Auteur: Nations Unies FR

