Peu d’images nous parviennent d’Iran. Juste quelques vidéos diffusées par les différentes chaînes de télévision, contrôlées par la République islamique. Sur l’une d’elles, diffusée le 14 juin, on peut voir une centaine d’habitants de Téhéran défiler au milieu des voitures. Ils hurlent « mort à Israël, mort à l’Amérique ». Des femmes prennent la parole pour se réjouir des salves de missiles balistiques tirées sur Tel-Aviv. Des enfants agitent sans conviction des drapeaux iraniens.
Un rassemblement aux airs d’opération de communication organisée dans l’urgence pour donner l’image d’un pays uni. Loin de cette propagande, les Iraniennes et les Iraniens racontent leur effroi, leur sidération. « La situation est grave, on a peur, confie par message audio Parisa*. On est toujours à Téhéran parce que mon père ne veut pas partir, alors on reste avec lui. » La mère de famille de 38 ans s’interrompt. Un bruit sourd résonne derrière elle : « Vous entendez les bombes ? »
L’identité des personnes interrogées en Iran a été modifiée pour préserver leur sécurité.
Depuis le début de la guerre, des milliers de familles ont fui la capitale en voiture pour se réfugier à la campagne. Depuis son réseau social Truth Social, Donald Trump, le président des États-Unis, a appelé les neuf millions d’habitants de cette mégalopole à quitter leur domicile. « Des amis ont pris la route mais ils sont restés bloqués, les embouteillages sont énormes. Certains ont dû faire demi-tour », ajoute Parisa.
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Auteur: Céline Martelet

