La tête entre les mains, Naïma gémit doucement. Depuis l’attaque du Hamas, cette Bédouine est sans nouvelle de quatre membres de sa famille : son mari Youssef Ziadna (53 ans), deux de ses fils, Hamza et Bilal (22 et 19 ans), et une de ses filles, Aïcha (17 ans). « Ils étaient partis travailler dans les champs du kibboutz Holit. Ils ont arrêté de répondre à nos messages à 7 heures du matin, raconte Yasmine, une autre fille de Naïma. On a reconnu mes frères sur deux vidéos et on sait qu’ils sont à Gaza, mais on ne sait pas ce que sont devenus mon père et ma sœur. »
Une communauté, invisible et discriminée
Ancien peuple nomade, les Bédouins sont près de 270 000 à vivre dans le désert du Néguev. L’attaque du Hamas a infligé un lourd tribut à cette communauté, invisible et discriminée de longue date par Israël. Niché au cœur du Néguev, le village de la famille Ziadna fait partie des 35 localités bédouines non reconnues par l’État.
Elles ne bénéficient d’aucun service gouvernemental : pas de connexion aux réseaux d’eau et d’électricité, pas de routes, pas d’abris anti-roquettes, pas de sirènes, et pas de protection par le dôme de fer (1). Au moins 17 Bédouins, dont 6 enfants, ont été tués par des roquettes, sans compter les 22 tués lors l’assaut du Hamas, et les 7 qui seraient otages.
D’une main tendre, Dvora tente d’apaiser l’inconsolable Naïma. Native du Néguev, cette Israélienne est venue, de son propre chef, soutenir moralement la famille Ziadna qui vit entre les tôles et les parpaings du petit village de Birket Il-Batr, aux abords de la ville de Rahat : « Ce sont nos voisins. Les Bédouins sont aussi touchés que nous par les événements. Et parfois deux fois plus parce qu’ils ne peuvent pas se protéger des roquettes. »
Maintenir des ponts
Militante de gauche qui n’a manqué aucune des 39 manifestations contre la réforme judiciaire organisées dans la ville de…
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Auteur: Cécile Lemoine, envoyée spéciale à Rahat (Israël)

