Dans une rue de Rome, des dizaines de personnes en tenues sombres sont placées en rangs serrés. D’une seule voix, ils hurlent le cri de ralliement fasciste « Présent ! », en levant d’un coup sec leur main tendue. Cette scène, qui semble tirée d’une archive des années 1920, a été filmée le 7 janvier. Ce jour-là, les manifestants rendaient hommage à trois militants néofascistes, tués en 1978. Mais des images comme celle-ci sont récurrentes en Italie. C’est le cas, par exemple, chaque année à Milan ou encore à Predappio, devant la tombe du dictateur Benito Mussolini.
On sait que le fascisme est un crime mais aucune loi ne définit ses contours.
F. Filippi
Ce geste renvoyant aux heures sombres de l’histoire italienne ne doit-il pas être puni ? Oui, mais seulement s’il est exécuté avec la volonté de rétablir le régime fasciste (1922-1943), a précisé le 18 janvier la Cour de cassation, la plus haute juridiction du pays. Les simples commémorations ne sont pas visées. Pour Elia Rosati, professeur à l’Université de Milan et spécialiste du néofascisme, ce verdict « légalise le salut romain ». Si bien que le groupe Casapound – qui se déclare ouvertement fasciste – a célébré « une victoire historique qui fait taire tout le monde ».
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Mais surtout, la décision de la Cour de cassation montre une fois de plus que le fascisme est « un sujet non résolu », observe Francesco Filippi, auteur du livre au titre provocateur Y a-t-il de bons dictateurs ? Mussolini une amnésie historique (2020). « On sait que le fascisme est un crime mais aucune loi ne définit ses contours. Ce qui montre la difficulté de notre pays à régler ses comptes avec son…
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Auteur: Caroline Bordecq

