Comme en France, en 1975, les féministes italiennes sont parvenues, en 1978, à obtenir la légalisation de l’avortement après une longue lutte, et des décennies, pour ne pas dire des siècles, d’IVG (interruption volontaire de grossesse)clandestines, avec tous les décès, souffrances et invalidités qu’elles entraînaient.
Le Parlement italien, avec une majorité démocrate-chrétienne et ses alliés, soutenue par le PCI, en plein « compromis historique », adopte enfin la loi n°194, autorisant l’IVG. Non sans restrictions dans un pays où le Vatican est une enclave au cœur même de sa capitale et, surtout, une puissance morale de poids dans le débat public. Une victoire pour le mouvement féministe, certes. Mais en trompe-l’œil.
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Depuis plus de quatre décennies pourtant, après avoir atteint un chiffre relativement stable au bout de quelques années suivant l’adoption de la loi, le nombre d’avortements en Italie a eu tendance à diminuer, contrairement aux autres pays de l’Union européenne. À quoi donc est due cette spécificité italienne ?
Il y a d’autant plus lieu de s’étonner que Giorgia Meloni ne craint pas, au cours de la campagne électorale de 2022 – qui allait la porter au pouvoir –, d’affirmer haut et fort : « Nous ne toucherons pas à la loi 194 sur l’avortement, mais au contraire, nous l’appliquerons dans sa totalité. » L’affirmation peut surprendre, tant les difficultés pour les femmes italiennes de pouvoir faire une IVG sont grandes, sinon croissantes.
Disparités régionales
Il faut savoir que l’Italie a fini, au début des années 1970, par transférer d’importantes…
Auteur: Olivier Doubre

