Ça va vous rappeler quelque chose… « Retourne dans ton pays ! » : lancée lors d’un débat télévisé sur Antenna 3 par un fasciste déclaré contre un représentant de Sinistra Italiana (« Gauche italienne », parti réformiste), l’injonction a d’autant plus de sens qu’elle s’adresse à un Italien, né et élevé en Italie. Mais qui a le tort de s’appeler Saïd. Les agitateurs télévisés, à l’image d’un Cruciani, le Hanouna italien, participent d’un esprit de l’époque où l’on voit un bon tiers de la population italienne lancée dans une radicalisation fascisante. Celle-ci est encouragée par la présence aux manettes d’un gouvernement Meloni qui interdit à l’anarchiste Alfredo Cospito, enfermé dans l’isolement mortifère du 41bis, rescapé d’une interminable grève de la faim, de lire des livres de science-fiction parce qu’il y trouverait un « féminisme belliqueux ». Mais ce gouvernement ne pourrait aller aussi loin dans la persécution des voix dissidentes s’il ne trouvait d’obligeants exécutants dans la magistrature et la police.
Tel est le pays, miroir de celui que nous habitons, dont nous avons parlé avec un homme aux « nombreuses âmes », Marco Rovelli. Chanteur, poète, écrivain, philosophe et enseignant, il traite, dans un des derniers livres, Soffro dunque siamo (« Je souffre, donc nous sommes ») de la souffrance psychique. Nous l’avions rencontré dans la vallée de Suse, lors de rencontres de soutien à la lutte des No-Tav (contre le Lyon-Turin) et nous avons eu de ses nouvelles quand, pour sa participation à une des magnifiques manifs propalestiniennes du Bloquons Tout ! italien de l’automne dernier, il a fait l’objet de poursuites judiciaires. De bonnes raisons pour reprendre contact avec lui et échanger sur l’état de l’Italie.
Après les manifestations immenses du mouvement Blocchiamo tutto, cet automne, où en est aujourd’hui le mouvement de…
Auteur: dev

