En mai 2024, il y a un peu plus d’un an, la Kanaky / Nouvelle-Calédonie se soulevait et connaissait une révolte historique, mais aussi une répression coloniale implacable. Désormais, la révolte a laissé place aux négociations, jusqu’à la signature de l’accord de Bougival entre représentant-es politiques calédonien-nes et l’État français il y a deux semaines. Un accord déjà contesté par une partie du camp indépendantiste. Retour sur la situation en Kanaky depuis ce soulèvement qui a réveillé les aspirations émancipatrices d’une grande partie de la jeunesse kanak.
Aux origines de la révolte de 2024 : le déni de démocratie
Remontons un peu le temps : depuis décembre 2021 et le boycott du 3ème référendum sur l’autodétermination du pays par les partis indépendantistes, la situation s’est tendue sur le plan politique. Et avec la crise du covid-19, les inégalités, déjà ahurissantes sur le territoire, se sont encore davantage creusées. 20% des habitant-es de l’archipel vivent sous le seuil de pauvreté, le revenu médian des non-kanak est deux fois plus élevé que celui des kanak, qui se trouvent marginalisé-es dans leur propre pays.
À l’automne 2023, après l’échec des négociations pour sortir de cette impasse politique, le gouvernement français passe en force en annonçant unilatéralement une réforme constitutionnelle qui mettrait fin au gel du corps électoral sur l’archipel. Conséquence directe de cette décision : la représentation des kanak parmi l’ensemble des personnes habilitées à voter aux élections provinciales serait encore amoindrie. C’est le point de départ d’une mobilisation populaire d’ampleur pour le pays, mais qui restera pacifique durant les premiers mois, bien que les tensions commencent déjà à se faire sentir.
À Nouméa, il devient rapidement compliqué d’exhiber le drapeau kanak dans l’espace public : l’État colonial montre les crocs en…
Auteur: B

