Les choucas s’engueulent au soleil d’un printemps tardif sur la pointe aiguë du clocher de l’église Sainte-Maxime de Saint-Même-la-Tenu, à mi-chemin entre la métropole nantaise et le début du bocage vendéen. Dans le hall de la mairie, un petit couloir calme part vers la gauche au bout duquel une pièce, qui n’a pour décoration qu’un faire-part brillant de paillettes, faiblement animé par la lumière de la grande fenêtre qui donne sur une pelouse, une margelle, un toboggan et des balançoires.
Sur le tableau Velleda pend une carte retenue par deux magnets, dont les nuances de rouges sont visibles depuis tous les coins de la pièce : Saint-Mars-de-Coutais, 5 ; Port-Saint-Père, 1. Ces chiffres, ce sont des enfants malades. La raison d’être de l’Institut citoyen de recherche et prévention en santé environnementale (Icrepse), hébergé dans ces locaux municipaux désaffectés.
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Cette organisation a été fondée en 2023 pour poursuivre et étendre l’action de l’association Stop aux cancers de nos enfants (SCE). Entre 2015 et 2022, le groupe de parents et riverain·es a énuméré 25 cas dans sept villages de 1 200 à 7 665 habitant·es, dont le taux d’incidence est trois à quatre fois supérieur à la moyenne. Signalée aux autorités sanitaires, cette concentration de cas a été reconnue puis déclassée. Une absence de reconnaissance qui a amené, dix ans après l’événement déclencheur, à créer un institut pour obtenir les réponses aux questions ainsi disqualifiées.
J’étais informée, mais pas concernée.
M. Thibaud
Ce coin de Loire-Atlantique à un quart d’heure de la mer et vingt minutes du château des Ducs de Bretagne n’a jamais paru…
Auteur: Sylvain Lapoix

