Au sein du département le moins peuplé de France, de nombreux sans-papiers errent dans l’attente d’une régularisation leur permettant l’accès à l’emploi, au logement et à l’intégration. En septembre dernier, une cinquantaine de militants du collectif lozérien du Réseau éducation sans frontières (RESF) se réunissaient pour dénoncer les refus systématiques de régularisation des personnes sans papiers, en Lozère.
Le territoire compte 76 520 habitants et le taux de chômage est de 4,6 %, une situation de quasi-plein-emploi. Il possède de nombreux métiers liés à l’industrie, au bâtiment, aux travaux agricoles, selon une étude menée par l’Observatoire de l’emploi (1). Pourtant, aucun nouveau titre de séjour n’a été accordé en 2025, malgré la mobilisation des associations de terrain.
Au café associatif L’Ancr’ier, à Florac, six militants de RESF ouvrent la permanence mensuelle. Des jeunes de 25 à 35 ans sont attablés, prenant des notes sur des carnets écornés par le temps. Patricia Grime, l’une des militantes de la première heure, aiguille les discussions. Avec dix-huit ans d’engagement au compteur, la septuagénaire est un pilier de la lutte pour la régularisation des sans-papiers.
Un couple de nationalité albanaise se présente à la permanence. Luka* a été recruté en CDI dans le secteur du bâtiment et possède un titre de séjour travailleur, tandis qu’Éliana* peine à décrocher un emploi. La mère de famille cumule des contrats temporaires qui ne lui permettent pas l’accès à la régularisation. « Qu’est-ce qu’on demande ? », interroge Patricia Grime. Céleste* déroule le fil de ses recherches : « La procédure de regroupement familial ? » Pour cela, le conjoint doit être en situation régulière sur le territoire, ou repartir dans son pays d’origine pour en émettre la demande.
Un éclat de colère dans la voix,…
Auteur: Agnès Polloni

