En manif improvisée à Montpellier, une jeunesse empêchée et matraquée avec du répondant

À l’issue de la manifestation déclarée du 13 octobre, de nombreux-euses jeunes sont parti-es en cortège improvisé vers le centre-ville. D’abord bon enfant, le défilé a viré en affrontements jusqu’à la tombée de la nuit, après que la police ait cherché à disperser violemment les jeunes.

Mardi 13 octobre. La manifestation déclarée lycéenne, étudiante et intersyndicale liée à l’acte V de la mobilisation de jeunesse en cours s’achève sur la place Zeus à Antigone. Elle aura réunie entre 7000 personnes selon la préfecture, et 8000 selon les syndicats.

Le cortège est suffisamment fourni pour déborder naturellement sur la place du Nombre d’Or. Un cordon de CRS ferme l’accès au Polygone, côté place du Nombre d’Or. Assez vite, quelques centaines de jeunes viennent exprimer leur colère face à la police par des slogans hostiles. Pendant ce temps une batucada, un peu en retrait sur la place, met l’ambiance et fait danser une bonne part de la manifestation.

Entre le 28 septembre et le 8 octobre, pour le dernier bilan officiel du Ministère de la Justice disponible, 6 877 personnes avaient été placées en garde à vue dans le cadre du mouvement, avec 86% de mineur-es, en grande majorité sans antécédents judiciaires. Des chiffres inédits en France métropolitaine hors Corse sur une période de temps aussi courte. 215 lycéen-nes avaient été blessé-es, pour 24 enquêtes ouvertes par l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN). 2 376 personnes faisaient l’objet de poursuites judiciaires, dont 1 923 mineur-es.

Un début bon enfant

Petit à petit, un cortège d’environ 1500 personnes, très largement composé de lycéen-nes, d’étudiant-es ou de jeunes en âge de l’être, se met en route vers le lycée Mermoz. Comme le 8 octobre, et comme si le fait venait établir par des règles tacites un changement d’atmosphère, beaucoup moins de slogans dès le top départ sifflé, alors…

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Auteur: Julien Servent