Ce lundi 18 mai en France marque une étape de plus vers l’obscurité. Les députés macronistes et ceux d’extrême droite ont largement approuvé un plan pour instaurer un «état d’alerte de sécurité nationale», c’est-à-dire un état d’exception illimité pour préparer la France à la guerre.
Il s’agit d’un état d’urgence militaire, imposé sans véritable débat, sans contre-discours dans les médias, sans opposition dans la rue. Le député macroniste Yannick Chenevard se vante d’avoir créé «un espace entre l’état de guerre et l’état de paix», pour répondre à «l’hybridité des conflits». Nous fonçons vers la dictature en kaki.
Ce n’est pas suffisamment rappelé, mais en France, nous vivons déjà dans un régime d’exception depuis plus de 60 ans. Un régime vertical, autoritaire, destiné à une situation de guerre. La Constitution de la Cinquième République est imaginée en 1958 pendant la guerre d’Algérie, pour donner les pleins pouvoirs au Général de Gaulle afin de régler la «crise». Prévue pour être temporaire, cette République s’est figée, elle n’a jamais été remplacée, c’est une anomalie unique en Europe.
Notre Constitution comprend des possibilités sans équivalent chez nos voisins : l’article 49.3 qui permet de se passer du vote de l’Assemblée, l’article 16 qui autorise une dictature présidentielle légale, l’état d’urgence… Expliquez à un allemand, un anglais ou un espagnol que, chez nous, un président monarque gouverne depuis des années en étant minoritaire, en ignorant le résultat des élections et en utilisant systématiquement des mesures de passage en force pour décider seul, il tombera des nues.
Six décennies après l’instauration de la Cinquième République, un manager sociopathe qui a perdu plusieurs élections s’accroche au pouvoir comme un morpion à son poil. Et il n’y a aucun recours légal contre lui. Mais ce…
Auteur: B

