Arvieux (Queyras), reportage
Les skis crissent sous une belle couche de poudreuse blanche. Enveloppé dans un ciel d’hiver, un petit groupe de skieuses et skieurs de randonnée tracent leur route sous le pic de Maloqueste, dans le Queyras. Ils sortent du bois de Ségure en évitant la zone où nichent des tétras-lyres quand soudain, à quelques mètres d’eux, quatre oiseaux prennent leur envol.
Le mâle est particulièrement reconnaissable, avec son plumage noir, sa crête rouge et sa queue blanche. Les trois autres, dont la livrée roussâtre est barrée de noir, sont des femelles. La famille s’enfuit, laissant des trous dans la neige fraîche. Une sorte de petit igloo dans lequel ils ne reviendront pas. Perchés sur un arbre, ils attendront que le danger s’écarte avant de creuser un nouvel abri, loin des humains importuns.
Cette rencontre inattendue avec ces tétras-lyres aurait pu être magique si les conséquences n’étaient pas désastreuses pour l’espèce. En se sauvant, ces oiseaux gaspillent leurs précieuses réserves d’énergie. À terme, le dérangement répété par les skieurs de randonnée ou les raquettistes peut affecter leur survie.
« Il faut se mettre à la place de ces animaux »
Pour sensibiliser les pratiquantes et pratiquants de la montagne à ce risque, le parc régional du Queyras a missionné, depuis trois ans, des écogardes. Postés au départ des sentiers de randonnée, ils tâchent d’expliquer aux quidams que ces hautes altitudes ne sont pas qu’un désert blanc dédié à leurs loisirs.
Des skieurs attentifs
Alexis Belmont est l’un d’entre eux. Bandeau sur les oreilles, teint hâlé, il s’est posté dès 8 heures du matin à l’entrée d’une piste du domaine de ski nordique d’Arvieux, une station du Queyras. Deux banderoles l’encadrent. La première alerte sur les risques d’avalanches. La seconde liste les espèces qu’on peut croiser sur son chemin. Les chevreuils et chamois…
Auteur: Laury-Anne Cholez

