Le nombre de conflits armés dans le monde a doublé en cinq ans. Une personne tuée toutes les douze minutes : les chiffres sont glaçants. Les civils sont de très loin les premières victimes de cette escalade, femmes et enfants en premier. Le recours massif aux armes explosives et aux drones explique en partie cette hécatombe. Leur usage a fait bondir de 67 % le nombre de civils tués ou blessés entre 2023 et 2024.
En Ukraine, juin dernier a marqué un pic de mortalité civile inédit depuis trois ans du fait des frappes en zones urbaines. Mais la violence directe des troupes au sol n’est pas en reste : au Soudan, la chute d’El Fasher a engendré des milliers de morts lors de massacres souvent accompagnés de violences sexuelles. À Gaza, le siège, la destruction d’écoles et d’hôpitaux, ainsi que l’utilisation de la faim comme arme de guerre, marquent la négation du droit international humanitaire de façon plus visible que jamais.
Sabordage
Paradoxe tragique : l’humanité investit des centaines de milliards de dollars dans des intelligences artificielles sophistiquées mais se révèle incapable d’éradiquer la faim et la soif. Deux cent trente-neuf millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire mais plus de six sur dix ne reçoivent aucune aide, faute de moyens alloués.
Le monde se réarme à marche forcée, avec des dépenses militaires records de 2 700 milliards de dollars en 2024, tandis que l’aide publique au développement (APD) s’effondre de 26 %, aggravée par le démantèlement de l’USaid sous l’impulsion de Donald Trump. En France, c’est un véritable sabordage qui est à l’œuvre : avec des coupes cumulées de 49 % en deux ans, l’APD est la mission budgétaire nationale la plus violemment sacrifiée, alors qu’elle ne pèse que 0,6 % des dépenses publiques.
La force militaire, aussi spectaculaire soit-elle, reste désarmée face aux racines des conflits…
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