L’Azerbaïdjan a été accusé par le gouvernement français d’ingérences dans le dossier calédonien. Sur quoi ces accusations portent-elles précisément, et comment expliquer l’intérêt porté par le régime d’Ilham Aliev à un territoire situé à 14 000 kilomètres de Bakou ?
Bakou derrière les émeutes de Nouméa
Durant la crise en Nouvelle-Calédonie, différentes preuves ont montré le bras armé de l’Azerbaïdjan dans les tensions du Pacifique. Ainsi lors des manifestations, des Kanaks ont arboré des t-shirts et des drapeaux aux couleurs de l’Azerbaïdjan. Des médias azéris ont même montré des Kanaks brandissant des portraits du despote Ilham Aliev.
Ce lien entre Bakou et les indépendantistes était préexistant à la crise calédonienne. En effet, le Groupe d’Initiative de Bakou (GIB) a été créé en Azerbaïdjan en juillet 2023 pour « lutter contre la colonisation de la France ».
Des conférences et réunions ont été organisées dans ce cadre dans le Caucase, avec des représentants de la Martinique, de Guyane, de Corse, de Polynésie et Nouvelle-Calédonie. En avril 2024, un mémorandum a même été signé entre une élue du Congrès de Nouvelle-Calédonie et le parlement azerbaïdjanais.
L’Azerbaïdjan, une tyrannie corrompue qui donne des leçons de morale
L’Azerbaïdjan est-il un État démocratique qui se préoccupe des injustices dans le monde ? Pas du tout. Rappelons tout d’abord qu’il est classé par Transparency International en 2024 comme l’un des pays les plus corrompus de la planète.
En outre, selon Reporters sans frontières, l’Azerbaïdjan est l’un des pires pays de la planète au niveau des libertés de la presse : 164ᵉ sur 180 pays classés.
Le président actuel (en poste depuis 2003, quand il a succédé à son père Heydar Aliev) et sa famille tiennent l’Azerbaïdjan d’une main de fer depuis 1991 au point que les Aliev ont pu être comparés à des mafieux, aux…
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Auteur: Bertrand Venard, Professeur / Professor, Audencia

