Soixante trois mètres de visibilité sous l’eau aux sources Te Waikoropupū à Sams Creek en Nouvelle-Zélande ! Peu de plongeurs ont pu nager dans une eau aussi pure et claire. Ces sources, sacrées à plusieurs titres pour les Maoris, sont placées depuis 2023 sous la protection néo-zélandaise la plus stricte en matière d’eau, les Water Conservation Orders2 (WCO).
Ces WCOs ne permettent même pas d’y tremper la main et, sauf pour certaines cérémonies maoris, la baignade y est également interdite. Seules peuvent être autorisées les plongées à caractère scientifique, après demande officielle.

Une eau pure et sacrée pour guérir
Chez les Maoris, ces sources sont considérées comme tapu (sacrées) car refuge de la déesse Huriawa. Ils les mettent au plus haut rang dans leurs cinq catégories d’eau (de la plus pure à la plus dangereuse) : Wai Ora, l’eau de la vie, la plus pure. Cette eau donne et entretient la vie, répare la force de vie, mauri, combat le mal, guérit.
Pour les Maoris, les sources Te Waikoropupū font partie d’un écosystème bien plus large, celui du bassin versant de la Täkaka River. L’ensemble est aussi tapu car la santé du bassin versant reflète la santé et le bien-être des populations vivant aux alentours.
Ces eaux sont également source d’intérêt scientifique pour comprendre d’où elles viennent exactement car issues d’un massif karstique, ainsi que pour leur richesse en espèces endémiques : plantes, vertébrés et invertébrés.
Une autre question occupe également la science : pour quelle(s) raison(s) cette eau est-elle aussi pure, transparente et fraîche (11,7°C toute l’année) ?

Te Waikoropupu – Crédit : Samej / Flickr
De l’arsenic dans l’eau sacrée ?
Hélas, l’entreprise minière australienne, Siren Gold, à travers sa filiale Sams Creek Gold, avait racheté en novembre 2022 le permis d’exploration de Sams Creek pour procéder à des sondages dans la roche…
Auteur: La Relève et La Peste

