Conséquence du réchauffement climatique, la montée des eaux menace particulièrement certains territoires du Pacifique. Des programmes de sciences participatives sont mis en place pour suivre au plus près les évolutions des littoraux, avec l’appui des populations locales, et adapter les politiques publiques.
Lors du dernier sommet du Forum des îles du Pacifique aux Tonga qui s’est déroulé à la fin du mois d’août 2024, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a lancé un « SOS mondial » sur l’une des conséquences directes du réchauffement climatique : la montée des eaux dans le Pacifique.
Mr Guterres a notamment rappelé les récents travaux de recherche témoignant d’une élévation plus rapide que la moyenne mondiale dans certaines zones du Pacifique. De nombreux territoires, composés d’atolls et d’îles de faible altitude, sont déjà fortement menacés par l’érosion littorale, la submersion marine des zones basses ou encore la salinisation d’aquifères côtiers et l’ensemble de ses corollaires (réduction de l’eau potable, perte de productivité agricole des cultures vivrières traditionnelles, etc.).
Avec 50 % de la population du Pacifique vivant à moins de 10 kilomètres de la côte et plus de 50 % de leurs infrastructures concentrées à moins de 500 mètres de cette dernière – proportions qui augmentent chaque année – la vulnérabilité des côtes va continuer à s’exacerber dans un futur proche.
Pour faire face à ce constat, le suivi du rivage permet alors d’analyser l’évolution morphologique des littoraux en identifiant les processus d’érosion et d’accrétion, c’est-à-dire de recul ou d’avancée du trait de côte. C’est le préalable à une meilleure connaissance de la dynamique côtière et donc à une gestion opérante de l’espace littoral.
Le suivi du trait de côte permet d’éclairer les politiques publiques et la mise en œuvre de mesures…
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Auteur: Pascal Dumas, Maître de conférences HDR en géographie, Université de Nouvelle Calédonie

