Faut-il que la crise éclate dans l’Hexagone pour que la souffrance des Outre-mer devienne visible ? » interroge le député EELV Steevy Gustave. En effet, si l’on s’accorde à attribuer au lycée Antoine-de-Saint-Exupéry de Créteil l’origine du mouvement lycéen, c’est à 8 000 kilomètres de la région parisienne que le premier blocus a eu lieu fin août.
J’ai moi-même commis cette erreur avant d’être interpellée par un commentaire sous une de mes vidéos, publiée sur Instagram. Son autrice m’informait ainsi du fait que le lycée polyvalent de la Cité du Nord, d’Acoua, à Mayotte, en était à sa sixième journée de blocage – mené notamment par un collectif de mères, avec le soutien de personnels et de syndicats – et avait commencé trois semaines avant les mobilisations franciliennes.
Ce lycée rural construit pour accueillir 900 élèves en compte désormais 2 300, Le Journal de Mayotte évoquant des classes qui atteignent jusqu’à 38 élèves dans des salles exiguës et mal ventilées. Outre le personnel manquant – les manifestant·es réclament deux infirmier·ères et neuf agent·es d’entretien –, les conditions de vie des étudiant·es sont indignes : coupures d’eau régulières, sanitaires inutilisables, fosse septique débordant lorsqu’il pleut et des problèmes de communication amplifiés par le cyclone Chido. Depuis, le lycée a rouvert à la suite de promesses d’amélioration mais la grogne avait déjà largement gagné les Outre-mer.
Selon France-Guyane, dès le 7 septembre, une dizaine d’élèves du lycée Félix-Éboué, à Cayenne, ont bloqué l’entrée puis présenté au proviseur 17 revendications concernant les équipements, la chaleur et le manque de ventilation, l’hygiène des sanitaires et des fontaines à eau ou encore le prix et le fonctionnement de la cantine.
En Guadeloupe,…
Auteur: Rokhaya Diallo
