LR&LP : Comment est né le projet et votre envie de réaliser un film sur la coexistence avec les pumas en Patagonie ?
Thomas Julienne : Au début de mes études de biologie, je me suis mis au naturalisme, mais aussi à faire des voyages à pied, en montagne. Je faisais des photos et de petites vidéos. Après un premier film plus conséquent en Laponie, ce projet sur les pumas a germé.
Le sujet des grands prédateurs m’intéresse depuis toujours, notamment car il provoque des conflits typiques des interactions Homme-nature. Je m’étais beaucoup documenté, j’avais fait du bénévolat en Suisse avec l’association Oppal pour détecter la présence de loups aux jumelles thermiques près des troupeaux et éviter les attaques.
À l’occasion d’un stage dans les Pyrénées, j’ai parlé avec des bergers sur l’ours. Et puis, j’ai fait un Erasmus en Finlande où j’ai échangé avec les locaux sur le sujet des grands prédateurs et de l’élevage de rennes en Laponie. J’avais donc déjà pas mal enquêté sur la question des grands prédateurs en Europe, et j’étais assez curieux de voir comment ça se passait dans d’autres continents.
Avant de me rendre sur place, j’ai d’abord écrit à des scientifiques, ce qui m’a m’a permis d’avoir des contacts sur place. Le fait de se déplacer à vélo engendre plus facilement des rencontres : cela fait beaucoup rire “le gringo” qui vient à vélo. Le fait d’avoir du temps, car j’y suis resté 6 mois, est un atout pour créer un vrai lien. Plusieurs fois, je suis resté une semaine chez un éleveur ou un scientifique. Ce temps plus long permet d’avoir des interviews authentiques et de mieux comprendre leur point de vue.
Thomas Julienne lors de son périple à vélo en Patagonie
LR&LP : Quelle est la situation du puma et de l’élevage d’ovins en Patagonie ?
Thomas Julienne : Dans différentes zones, notamment au nord de l’Argentine, le puma a été…
Auteur: Eloi Boye

