En pleine sécheresse, la chasse aux oiseaux d’eau a ouvert malgré les alertes

Des zones humides au bord de l’assèchement

À quelques jours des premiers grands mouvements migratoires, les zones humides françaises sont à bout de souffle. C’est pourquoi la LPO appelait à repousser l’ouverture anticipée de la chasse aux oiseaux d’eau, prévue le 21 août, jusqu’à l’ouverture générale de la chasse, fixée au 20 septembre.

« Cette année, malgré la sécheresse exceptionnelle, l’ouverture en août a été maintenue partout en France », commence Cédric Marteau, directeur général de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, pour La Relève et La Peste.

Il continue en précisant que « le gouvernement a refusé une mesure nationale malgré les alertes. Pourtant, les préfets peuvent suspendre la chasse pendant dix jours en cas de calamité ».

La LPO avait transmis aux préfets des courriers détaillant les zones les plus touchées par l’assèchement. Malgré le rappel de cette possibilité, aucune fermeture régionale n’avait été décidée au 26 août.

La demande intervient dans un contexte hydrologique particulièrement préoccupant. Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), 1373 cours d’eau étaient touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs au 1er août, soit 43 % du réseau suivi. L’OFB décrit la situation comme la plus critique jamais observée à cette période, dépassant même celle de 2022.

Des oiseaux concentrés sur les derniers refuges

Avec le début des migrations, les oiseaux se concentrent sur les rares points d’eau encore disponibles, faute de refuges épargnés par la sécheresse. Canards et limicoles chassables y côtoient cigognes, hérons et spatules blanches, tandis que certaines réserves naturelles, elles aussi touchées par l’assèchement, ne peuvent plus toujours assurer leur rôle de refuge.

« Les réserves, maillons essentiels sur les routes migratoires européennes, perdent leur efficacité sans eau. Les oiseaux reviennent aux rares points…

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Auteur: Chloe Droulez