Quelle est l’ampleur de l’usage des drogues en prison ? En 2023, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a mené une grande enquête visant à comprendre et quantifier le phénomène.
Selon une vision largement partagée – et en partie fantasmée – les drogues seraient omniprésentes et tolérées en prison afin d’« acheter la paix sociale ». Ce sujet suscite parfois l’indignation : la drogue étant interdite à l’extérieur, l’existence de drogues en prison est jugée d’autant plus « scandaleuse » qu’elle refléterait des conditions de vie plus permissives entre les murs qu’à l’extérieur.
Pour les professionnels qui travaillent en prison, les trafics et les consommations de drogues font partie de l’ordinaire du quotidien carcéral. Interdits mais néanmoins très présents, les usages de drogues sont encastrés dans des rapports sociaux complexes entre les détenus, les personnels de surveillance et le monde extérieur.
Ces usages font également l’objet d’une prise en charge par les équipes médicales des prisons ou par les Centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) qui interviennent en milieu pénitentiaire.
Quelle est l’ampleur du phénomène ? En 2023, nous avons mené, à l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), une grande enquête nommée ESSPRI (Enquête sur la santé et les substances en prison) visant à comprendre le phénomène des usages de drogues au cours de la détention.
Le cannabis : première substance illicite consommée en prison
Les résultats confirment des niveaux élevés d’usages de drogues en prison.
En 2023, le tabac, seule drogue licite en détention, est consommé à des niveaux très élevés : 63 % des détenus disent en fumer tous les jours. La consommation de cannabis est également importante : 49 % des détenus ont fumé au moins une fois du cannabis en…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Melchior Simioni, Enseignant-chercheur en sociologie, Université de Strasbourg

