En Provence, on arrache les lavandes pour élever des poules pondeuses

Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), reportage

Chaque été, des dizaine de milliers de touristes convergent sur le plateau de Valensole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, pour faire un selfie dans les champs de lavande. Ou plutôt, de lavandin — une variété hybride dont l’huile essentielle est surtout utilisée pour parfumer des produits d’entretien. Mais cet « or bleu » provençal est aujourd’hui en déclin, n’étant plus rentable. Pour ne pas « disparaître », les lavandiculteurs arrachent une partie de leurs plants, et cherchent de nouveaux débouchés. Là où certains plantent des pistachiers, de la grenade ou des amandiers, d’autres se tournent vers une filière en plein essor : les poules pondeuses.

C’est le cas de Delphine Chaillan, qui a dû abandonner « les deux tiers » de sa production de fenouil (destinée à la production de pastis), et « 40 à 50 % » de son lavandin ces dernières années. L’agricultrice vient de démarcher la Compagnie générale d’agriculture (CGDA), une entreprise basée à Trets, dans les Bouches-du-Rhône, pour se lancer dans la production d’œufs en plein air. Cet été, 25 000 poules pondeuses devraient rejoindre son exploitation, située à Roumoules — un petit village de 700 habitants.

Son cas n’est pas isolé : dans le village voisin de Saint-Jurs (140 âmes), à 10 km de là, un autre élevage de 25 000 poules lié à la Compagnie générale d’agriculture est en construction.

Des lavandiculteurs en souffrance

Dans ce département rural, qui ne comptait jusqu’ici que cinq élevages de plus de 250 poules — dont le plus gros, de 12 000 poules, appartient lui aussi à la Compagnie —, l’arrivée de ces élevages industriels est un petit séisme.

Le paysage local a longtemps été dominé par le lavandin et autres plantes à parfum : immortelles, fenouil, thym… Des cultures à forte valeur ajoutée, qui ont longtemps permis aux agriculteurs…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Louai Barakat, Lyse Mauvais

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com