Depuis plusieurs semaines, l’épidémie due au virus Ebola Bundibugyo gagne du terrain dans des provinces déjà ravagées par les conflits. À mesure que les cas se multiplient, les attaques de groupes armés, les déplacements de population et l’insécurité compliquent chaque étape de la riposte.
Le 20 juillet, les autorités sanitaires congolaises recensaient 2 473 cas confirmés dans cinq provinces du pays – Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uele et Tshopo. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le bilan humain dépasse désormais le millier de morts.
Parallèlement, dans certaines zones de l’est congolais, la violence semble progresser presque aussi vite que le virus.
Entre le 12 et le 23 juillet, au moins 60 civils ont été tués dans des attaques survenues le long de la frontière entre l’Ituri et le Nord-Kivu, selon des organisations locales de la société civile citées par le bureau onusien des affaires humanitaires (OCHA). Dans le territoire de Beni, dans le Nord-Kivu, en proie à des combats entre le gouvernement de Kinshasa et la rébellion du groupe armé M23, plus de 25 000 personnes déplacées sont récemment arrivées après avoir fui les violences. Beaucoup sont hébergées chez des proches déjà démunis. D’autres se réfugient dans des bâtiments abandonnés.
Pour les équipes sanitaires, ces mouvements de population constituent un cauchemar épidémiologique. Chaque famille qui fuit emporte avec elle des contacts potentiellement non identifiés. Chaque déplacement complique davantage la surveillance, le dépistage et le suivi des personnes exposées au virus.
Quand les centres de traitement deviennent des cibles
La guerre ne se contente plus d’entraver la lutte contre Ebola. Elle s’invite désormais jusque dans les lieux censés la combattre.
Depuis la déclaration officielle de cette dix-septième épidémie d’Ebola en RDC, le 15 mai dernier, plusieurs centres de traitement ont été pris pour cible.
À…
Auteur: Nations Unies FR

