« D’ici à 2025, toutes les communes soumises à la loi SRU doivent posséder au moins un quart de logements sociaux sur leur territoire », a déclaré Gabriel Attal devant les parlementaires, le 30 janvier. Cette loi SRU, adoptée en 2000, prévoit que chaque commune intègre 25 % de logements sociaux à son parc immobilier. Cette disposition vise à promouvoir la mixité sociale tout en réduisant l’étalement urbain. Le premier ministre, de son côté, prévoit de changer la donne au grand dam des plus précaires : « Nous proposerons d’ajouter pour une part les logements intermédiaires, accessibles à la classe moyenne, dans ce calcul. »
Sarkozy avait été tenté de le faire, mais à côté de Macron, c’est un rigolo.
Avec cette annonce, les logements intermédiaires, beaucoup moins abordables, devraient être comptabilisés dans les quotas imposés par le SRU. « Tous les acteurs du logement social sont sidérés et inquiets de cette proposition qui va tout sauf résoudre la crise du logement », fustige Delphine Valentin, directrice d’Île-de-France habitat.
« Le discours tenu par Gabriel Attal est la plus grosse attaque jamais faite contre le SRU », analyse Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du Logement (CNL). Pour lui, cette loi est « un pilier de la République ». Avec amertume, l’auteur du livre Fils d’HLM (éditions arcane 17), ajoute : « Sarkozy avait été tenté de le faire, mais à côté de Macron, c’est un rigolo. Cette proposition a un caractère clientéliste, Gabriel Attal brosse dans le sens du poil les maires conservateurs et la classe moyenne qui est le cœur de l’électorat macroniste. »
Pour la classe moyenne, vraiment ?
« Les familles moyennes peuvent déjà accéder aux logements sociaux », précise Eddie Jacquemart. Pour un foyer de quatre personnes il ne faut pas dépasser un salaire annuel de 67 896 euros net. Le seuil…
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Auteur: Luna Guttierez

