Quand montagne rimait avec communs
Bien avant l’apparition des multinationales laitières, la montagne savoyarde avait inventé un système collectif : la fruitière. Au XVIIᵉ siècle, l’arrivée de la recette du gruyère transforme les vallées : impossible pour une famille seule de produire ces meules de 50 kg, il faut mettre les bêtes en commun et partager le lait. C’est une révolution sociale autant qu’économique, qui transforme les fermes en véritables “usines à vaches”.
La maison de Villarivon, bâtie par la famille Jarre (un patronyme très répandu dans la région), témoigne de ce basculement : ses immenses granges à foin et ses quarante places d’écuries racontent une paysannerie en tension entre entraide villageoise et premiers “capitalistes de montagne”.

Une bâtisse en péril transformée en aventure familiale
En 1989-90, Bruno et Béatrice Berthier découvrent cette bâtisse à l’abandon. « On est tombés en arrêt devant cette maison. On s’est dit : « on va essayer de la sauver ».
Le toit prend l’eau de toutes parts, le village est déserté, mais qu’à cela ne tienne : Bruno et Béatrice décident de s’engager dans l’aventure en dépit des mises en gardes de leurs proches.

Bruno, Béatrice Berthier et leur fille en 1997
« Notre entourage a sans doute fait brûler des cierges pour qu’on n’achète pas cette maison. On avait 25 ans, pas un rond vaillant pour refaire à neuf un toit de 800 m² qui fuyait… Pour beaucoup, c’était la maison du divorce assuré ».
Autre anecdote révélatrice de l’ambiance d’alors, « lorsqu’on a effectivement acquis la bâtisse en 1992, Béatrice était enceinte de notre fille Anne et le conseil municipal l’avait pourtant déjà comptée dans les effectifs pour sauver l’école primaire de la commune », raconte Bruno Berthier.

Fin de journée sur le chantier, août 1997
Mais pour une restauration d’envergure il faut des moyens colossaux. Coût…
Auteur: Nora Guelton

