Le 25 février 1965, le président de la République faisait de Bobigny la préfecture du tout nouveau département de la Seine-Saint-Denis. Soixante ans plus tard, le président du Conseil départemental, Stéphane Troussel, vient d’annoncer sa volonté unilatérale de délocaliser les services centraux du département à la limite d’Aubervilliers et de Saint-Denis, dans l’ancien bâtiment du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, d’ici à fin mars 2026.
La création de la Seine-Saint-Denis portait la vision d’un territoire émancipé et d’une dynamique de déconcentration des pouvoirs. Elle a permis de dépasser les logiques de servitude urbaine tout en freinant, autant que possible, la spéculation. Son grand succès est d’avoir permis à la Seine-Saint-Denis d’exister dans le paysage, en tant que lieu de vie, de création et d’innovation, sur un modèle singulier. Il repose sur le dynamisme de sa population, sa jeunesse, sa capacité de connexion à la planète, ses services publics. Il reste fragile, ne profitant que faiblement de la richesse produite.
L’égalité territoriale menacée
Le conseil départemental n’a rien à gagner à se mettre en remorque du modèle libéral
Ce modèle a besoin d’être soutenu par de puissantes politiques publiques d’aménagement, d’éducation, de solidarité… Sa vocation est d’unir. Or, le repli du Conseil départemental, acteur majeur des politiques publiques en Seine-Saint-Denis, modifierait le centre de gravité de ce territoire et dégraderait l’accessibilité des services départementaux. Cette centralité voulue, n’est pas anodine. Elle est même un facteur d’égalité territoriale. Bobigny est le cœur géographique du département et bénéficie d’un réseau de transport en commun dense et diversifié, facilitant l’accès aux services du conseil départemental des habitantes et habitants de toutes les…
Auteur: Collectif

