Enserré entre un échangeur de l’autoroute A3 et une artère bruyante de la banlieue de Paris, l’imposant bloc de béton vitré et carrelé de blanc accuse les effets du temps qui passe. « Le meilleur confort, au meilleur prix », promet l’enseigne défraîchie qui trône au sommet de l’immeuble. Un temps, ces murs ont abrité un hôtel, aujourd’hui désaffecté.
Mais depuis peu, la vie a repris aux abords de la bâtisse : dissimulées à l’arrière du bâtiment, plusieurs dizaines de petites baraques ont été construites à la hâte et quelques caravanes posées sur le bitume de l’ancien parking. Il y a près de deux mois, les lieux ont été investis par une centaine de personnes, des familles roms venues de Roumanie, qui y ont trouvé refuge après l’expulsion d’un bidonville sur une commune voisine.
Le soleil cogne avec force sur les petites épaules de Simona*, 2 ans, et Adriana*, 4 ans, qui accourent du fond du campement pour se précipiter dans les bras de Gwenaëlle Le Goff et Daniela Mecles. La première est infirmière puéricultrice ; la seconde, médiatrice en santé roumanophone. À leurs côtés, sac d’intervention harnaché au dos, Pol Prevot-Monsacré, médecin, et Valérie Pierre, sage-femme. Tous les quatre forment l’équipe mobile-précarité du service départemental de la protection maternelle et infantile de Seine-Saint-Denis, qui, depuis 2020, arpente les lieux de vie informels de ce territoire pour accompagner les femmes et les enfants qui les habitent.
Valérie, Gwenaëlle, Daniela et Pol font un point au milieu du campement après plusieurs consultations et des échanges avec certaines femmes.
© Laure Playoust
Au quotidien, l’équipe de la PMI s’efforce de proposer aux familles la même chose que les autres services de ce type : le suivi médical des plus jeunes, de leur vaccination et de leur bon développement ainsi que l’accompagnement des femmes enceintes au long de la…
Auteur: Laure Playoust, Tiphaine Guéret

