En Serbie, le mouvement étudiant déloge le nationaliste Aleksandar Vučić

Ils n’avaient pas le soutien des médias, ni de tête d’affiche et essentiellement des candidats issus de la société civile. Pourtant, dimanche 25 octobre, la Liste étudiante a remporté largement les élections législatives anticipées en Serbie, mettant fin au règne d’Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis quatorze ans et proche de Moscou.

D’après les résultats encore partiels, la Liste étudiante a décroché 140 sièges sur 250. Le parti d’Aleksandar Vučić en a obtenu 103. L’homme qui avait démissionné de son poste de président pour prétendre à celui de Premier ministre a reconnu sa défaite dans la soirée.

Au-delà d’un profond bouleversement politique, la victoire du mouvement étudiant est l’aboutissement de près de deux années de manifestations et de blocages d’une partie de la jeunesse. La mobilisation avait été déclenchée par l’effondrement d’un auvent de la gare de Novi Sad, la deuxième ville du pays, qui avait tué seize personnes. De nombreux jeunes voyaient dans ce drame le résultat d’une corruption généralisée, la gare venant d’être rénovée à grands frais.

Sit-in, grèves, marches, marathons… Afin d’éviter l’essoufflement de la contestation, les étudiants avaient multiplié les actions dans tout le pays, obtenant le soutien d’une partie importante des 6,6 millions de Serbes, largement favorables à leur mouvement. Jusqu’à 300 000 personnes avaient manifesté à Belgrade en mars 2025 et, progressivement, leurs revendications s’étaient transformées en appels à des élections anticipées. Les étudiants serbes ont ainsi réussi à transformer leur mouvement en force politique puis à renverser le pouvoir en place.

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Auteur: La rédaction de Reporterre