Le pari était risqué, mais ils l’ont fait. Dimanche 25 octobre, la liste portée par le mouvement étudiant serbe a remporté les élections législatives, mettant fin à quatorze années de domination du Parti progressiste serbe (SNS), sous l’influence du président serbe Aleksandar Vučić.
Au-delà de la victoire électorale, c’est un véritable séisme politique pour le pays. Depuis près de deux ans, les étudiants serbe contestent le pouvoir en place, dénonçant la corruption, les défaillances des institutions et l’incompétence des dirigeants.
Une mobilisation née d’une tragédie
Pour comprendre cette victoire, il faut remonter à novembre 2024. Le 1er novembre de cette année-là, l’effondrement de l’auvent de la gare de la ville de Novi Sad, récemment rénovée, entraîne la mort de 16 personnes. Le drame suscite une vague d’indignation dans le pays, sur fond de soupçons de corruption.
Quelques semaines plus tard, des étudiants et des enseignants réunis devant la faculté des arts dramatiques de Belgrade s’organisent autour d’assemblées étudiantes, où les décisions sont prises collectivement, à huis clos. Ce mouvement horizontal, sans chef, donne naissance à une « liste étudiante » pour se présenter aux législatives. Ce sont « 250 candidats, vierges de toute proximité avec le régime et les anciennes dictatures », explique Philippe Bertinchamps, journaliste et corédacteur en chef du média indépendant Le Courrier des Balkans. Les candidates et candidats de cette liste étudiant « étaient dans une démarche de rupture totale avec le pouvoir en place », ajoute-t-il.
Le porte-à-porte, arme d’une victoire inédite
Reste alors à faire connaître cette candidature. Et c’est loin d’être gagné : la couverture médiatique de l’initiative étudiante est « quasiment inexistante », indique Philippe Bertinchamps. « Pour vous donner une petite idée, le…
Auteur: Nourhane Mahmoudi
