« Comme l’a dit A. J. Liebling : La liberté de la presse se limite à ceux qui en possèdent une. Je constatai que l’accès à la presse était dépendant de la fortune. Les riches avaient un avantage écrasant sur les pauvres. Ils pouvaient s’acheter aisément un accès aux cerveaux du public alors que les pauvres étaient obligés de suivre des voies plus limitées. »
Jerry Mander, 1978.
« Les situations historiques comme celle que nous traversons et que nous endurons présentent un grand avantage : elles obligent à la clarté. Elles interdisent la tiédeur. Elles exigent que chacun prenne position activement et sans équivoque »
Klaus Mann, Mai 1937.
Il y a des moments dans la vie où il ne faut pas se tromper de chemin si on veut pouvoir continuer à marcher. La décision, signée par une centaine de libraires, de résister au rouleau compresseur d’un magnat de l’édition est de ce genre de choix, difficile et nécessaire. Non seulement elle ne va pas arranger les difficultés de bon nombre de libraires pour tout simplement tenir et faire le métier qu’ils ont choisi sans être étranglés, mais elle va certainement plonger dans un dilemne peu agréable ceux qui auront à faire ce choix. Ce n’est jamais sans un certain malaise que les défenseurs de la liberté estiment devoir la brider pour la protéger. Surtout lorsqu’on sait que les agresseurs de cette liberté auxquels on s’efforce de résister ainsi vont se servir de cette apparente contradiction pour tenter de la discréditer en hurlant à la censure. C’est la tactique habituelle des affamés de pouvoir que d’avancer planqués derrière le bouclier de « droits » qu’ils s’empresseront, s’ils parviennent sur le trône, de supprimer pour tous ceux qui ne seront pas de leur gang. C’est une spécialité de ces roublards d’invoquer la liberté d’expression pour étouffer toute expression contraire à la leur, et pour dissimuler ce qu’ils font de…
Auteur: dev

