En Suisse, Extinction Rebellion veut remettre les pendules climatiques à l'heure

Ambiance inhabituelle rue de la Gare à Zurich. Les voitures ont disparu et les tramways sont à l’arrêt sur Bahnhofstrasse, la principale artère commerçante de la plus grande ville de Suisse. Pas de foule non plus pour se presser, comme à l’ordinaire, dans les boutiques de luxe et les chaînes de prêt-à-porter qui se succèdent le long du trottoir. À la place, plusieurs dizaines de militants d’Extinction Rebellion (XR) sont assis au milieu de la chaussée. Dans une ambiance bon enfant, sur un air de guitare, ils tentent de « réveiller les consciences » sur la catastrophe climatique. Il y a de jeunes étudiants, des retraités, beaucoup de francophones.

Toute la semaine, le mouvement de désobéissance civile XR a multiplié les blocages de ce type dans les rues de Zurich, à un carrefour important ou encore à la gare centrale. Le bilan est en demi-teinte : XR n’est pas parvenu à « paralyser Zurich » comme il l’espérait. Avec quelque 200 militants seulement le lundi, Extinction Rebellion a seulement perturbé un peu le trafic en centre-ville. 170 « rebelles » ont été arrêtés durant la semaine ; six d’entre eux étaient toujours en garde à vue vendredi matin. Les forces de l’ordre zurichoises ont distribué des injonctions d’éloignement de 24 heures aux participants, rendant peu à peu impossible tout nouveau rassemblement.

Dans la gare centrale de Zurich, le 6 octobre. © Extinction Rebellion

Pour les organisateurs, cependant, le succès est ailleurs. « On est satisfaits du résultat en termes d’image, juge Marie, 33 ans, participante. On a constaté le changement dans la presse suisse, où jusqu’ici on était surtout perçu comme des gens violents, extrémistes. Là, on montre qu’on est des gens comme tout le monde et qu’on est prêts à faire des sacrifices, à se faire arrêter par la police, parce qu’on est très inquiets pour l’avenir. » Selon Extinction Rebellion, l’action a fait l’objet de près de 300 articles de presse, rien qu’en Suisse alémanique. « On a choisi Zurich plutôt que Berne, la capitale fédérale, parce que c’est la ville la plus peuplée, explique Marie. C’est là où l’attention est la plus grande, là où on peut rassembler le plus de personnes autour de la cause climatique. »

La manifestation était annoncée depuis des mois. En juin dernier, le groupe avait envoyé une pétition au Conseil fédéral — le gouvernement suisse — pour réclamer la « reconnaissance officielle de l’urgence climatique » et une « action…

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Auteur: Reporterre

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