La dystopie est déjà là. Pour réprimer et identifier les soutiens à la Palestine en Suisse, la police de la ville de Berne a utilisé des informations fournies par Junge Tat, un groupuscule néonazi qui a traqué et publié les noms, profils et informations professionnelles de dizaines de personnes grâce à l’intelligence artificielle et des outils de reconnaissance faciale. Des pratiques complètement illégales qui illustrent comment la police devient un outil au service des groupes d’extrême droite. Et comment les nouvelles technologies décuplent les moyens de répression, y compris pour des milices para-étatiques.
La répression commence dans la rue
Le 11 octobre dernier à Berne, une véritable marée humaine déferle dans la cinquième ville suisse pour «prendre la rue» en soutien à Gaza. Les 8000 manifestant·es font face à un dispositif policier démesuré et extrêmement violent. Dans un communiqué, la police elle-même indique avoir utilisé plus de 1100 projectiles à impact cinétique multiples – des armes dites «semi-létales», équivalentes aux LBD français. L’ONG Amnesty International, présente lors du rassemblement et au terme d’une enquête s’appuyant sur 180 témoignages et entretiens, a dénoncé dans un rapport un «recours injustifié et excessif à la force» ainsi qu’une intervention au «caractère punitif» de la part des forces de l’ordre. Des «balles en caoutchouc tirées à hauteur de tête» sont également pointées du doigt par l’ONG.
Mais dans les jours qui suivent la manifestation, la répression des autorités se poursuit au travers du déclenchement d’une enquête pour «dommages à la propriété», «violences contre les forces de l’ordre», «menaces» et «incendie volontaire». Cette avalanche de procédures est désormais un grand classique dans la répression des soutiens de la Palestine, en France comme ailleurs en Europe, où de plus en plus de…
Auteur: B

