En Syrie, les femmes poursuivent leur révolution

Sous un immense pont de Damas, une fresque recouvre désormais tout un mur. Ses couleurs vives apportent un peu de lumière et de douceur dans une capitale grise qui fourmille depuis la chute du régime, il y a trois mois. En se tenant par le bras, deux jeunes Syriennes dévalent les escaliers pour l’admirer. « Au centre, c’est une île qui émerge de l’océan, parce qu’avant on se noyait. Nous voulions ainsi représenter le sentiment de notre peuple depuis la libération, lance Malak, 21 ans.C’est comme si nous respirions pour la première fois.»

Maintenant que j’ai goûté à cette liberté, elle n’est plus négociable !

Malak

Membre du collectif BNA-Arts, l’étudiante en architecture a participé à la création de cette fresque. Au milieu, trône le nouveau drapeau syrien aux trois étoiles rouges et plusieurs colombes posées sur des branches d’oliviers. « Maintenant, nous voulons la paix, sourit Tasneem, 20 ans. On n’aurait jamais pu faire cette peinture sous Bachar, c’était interdit. Avant, la révolution était dans ma tête, et pour être honnête, j’avais même peur d’y penser. Nous étions espionnés, les murs avaient des oreilles !» Aujourd’hui, ces murs offrent aux deux artistes un espace pour s’exprimer.


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Au moment du déclenchement de la révolution, Tasneem et Malak étaient encore des enfants. Elles ont toujours vécu à Damas, loin des bombardements. Mais, en silence, un puissant désir de liberté a germé en elles. Quelques jours après la chute du régime Assad, comme des milliers de femmes syriennes, ces étudiantes sont, pour la première fois de leur vie, descendues dans la rue. « Maintenant que j’ai goûté à cette liberté, elle…

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Auteur: Céline Martelet

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