En Tanzanie, la montée des eaux grignote terres agricoles et moyens de subsistance

Buga Steven mesure l’avancée de la mer en noix de coco. 

Autrefois, ses arbres en produisaient environ 5 000. Aujourd’hui, une récolte en rapporte moins du tiers.

« Et elles sont beaucoup plus petites qu’avant », raconte cet agriculteur de Pangani, sur la côte nord-est de la Tanzanie, là où le fleuve du même nom se jette dans l’océan Indien.

Ici, l’eau de mer a remonté le fleuve sur environ huit kilomètres, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), apportant du sel dans des champs qui faisaient autrefois vivre les agriculteurs installés sur ses rives. Par endroits, les mangroves progressent avec elle.

Pour M. Steven, elles marquent désormais une frontière. « Toutes les personnes qui vivent le long des berges où poussent désormais des mangroves devraient recevoir des aides afin de pouvoir s’installer ailleurs », estime-t-il. « Ces zones ont déjà été envahies par les mangroves ».

© UNOPS
Des ouvriers assemblent des cages rocheuses destinées à la protection du littoral, le long du front de mer de Pangani, en Tanzanie.

Des cocotiers qui dépérissent

Dans cette ville historique de faible altitude, l’élévation du niveau de la mer ne se mesure pas seulement en millimètres. Elle se lit dans la diminution des récoltes, le sel qui imprègne les sols et les poissons qui désertent leurs anciens habitats.

Iddi Hashimu Iddi en observe les effets sur ses propres cocotiers. « Les troncs étaient beaucoup plus épais et les arbres en bien meilleure santé », raconte-t-il. « Mais l’élévation du niveau de la mer les a affectés. Le sel a pénétré loin à l’intérieur des terres, les rendements ont chuté, les arbres dépérissent et beaucoup meurent. Nos revenus ont également diminué ».

Pour les familles, les conséquences dépassent les seules récoltes. « Nous dépendions de la culture de…

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Auteur: Nations Unies FR