Mammifère marin herbivore, le dugong broute les herbiers des eaux tropicales, un habitat aujourd’hui menacé. En Thaïlande, l’influenceur Theerasak « Pop » Saksritawee s’est donné pour mission de protéger cette « sirène des mers ». À l’aide de son drone, ce scientifique citoyen surveille les animaux et documente leur quotidien sur les réseaux sociaux pour sensibiliser le public. Rencontre.
LR&LP : Comment est né votre engagement pour les dugongs ?
Theerasak « Pop » Saksritawee : Tout a commencé le 11 août 2024, lorsqu’on a signalé la présence du tout premier dugong observé à Phuket (sud du pays, ndlr), sur la plage de Rawai. Le lendemain, je suis allé le filmer, car ce n’était pas très loin de chez moi. J’y suis ensuite retourné régulièrement, et je suis peu à peu tombé amoureux des dugongs. C’était la première fois que j’en voyais un dans ma province natale, ce qui a rendu cet attachement encore plus spécial, comme s’il s’agissait d’un trésor local.
Au début, c’était surtout un loisir. Mais environ un mois plus tard, il y a eu une mauvaise nouvelle : on a retrouvé la carcasse d’un dugong à Phuket. Ça a été un choc pour moi. À partir de ce moment-là, j’ai décidé de filmer beaucoup plus sérieusement, et surtout d’essayer d’identifier chaque dugong individuellement, autant que possible. Je craignais que ce genre de drame se reproduise et je voulais savoir quels individus nous avions déjà recensés.
LR&LP : En quoi consiste concrètement votre travail (bénévole) de protection des dugongs ?
T.P.S : À Phuket, il y a un endroit appelé la baie d’Ao Tang Khen. J’y vais pour faire voler mon drone et surveiller les dugongs. Aujourd’hui, il n’en reste plus qu’un dans cette baie, un individu nommé Miracle. J’y fais une surveillance générale. J’observe ce qui se passe dans la baie, que ce soit les activités de pêche, les loisirs nautiques des clients des hôtels ou…
Auteur: Joanna Blain

