En Tunisie, la révolte populaire contre l'industrie chimique s'intensifie

Gabès (Tunisie), reportage

Le 31 octobre, devant les grandes usines chimiques du nord de Gabès, une foule hétéroclite se rassemble pour crier une nouvelle fois sa colère : « Le peuple exige le démantèlement des usines ! » Cette manifestation est la dernière d’une série de protestations amorcées au début du mois, reprenant à chaque fois le même slogan. Celle du 31 octobre est encore une fois parvenue à réunir « entre 5 000 et 7 000 personnes », selon Aziz Chebbi, membre du collectif citoyen Stop pollution, fondé en 2012 dans ce grand port industriel du sud tunisien.

Le mouvement social en cours à Gabès est inédit en Tunisie depuis juillet 2021 et le coup de force institutionnel du président Kaïs Saïed. En plus des marches pacifiques, la ville a été le théâtre de plusieurs nuits d’émeutes en octobre, lors desquelles des dizaines de manifestants ont été arrêtés.

À l’origine de la révolte : une série d’intoxications qui touchent la population depuis le 9 septembre, et ont déjà entraîné l’hospitalisation de plus de 300 personnes pour des symptômes allant des difficultés à respirer aux pertes de connaissance et aux paralysies.

Même si aucune explication officielle n’a encore été fournie sur l’origine des incidents, tous les habitants interrogés attribuent ces intoxications à des émanations de gaz venant du gigantesque complexe du Groupe chimique tunisien (GCT), une entreprise publique installée au nord de la ville depuis les années 1970. Contacté par Reporterre, le groupe n’a pas répondu à nos sollicitations ni à celles des autres médias.

La colère a explosé le 10 octobre, alors qu’une nouvelle vague d’intoxications envoyait plusieurs dizaines de collégiens aux urgences. Les manifestants s’étaient alors introduits à deux reprises sur le site du GCT, pourtant une zone protégée par l’armée, avant d’en être chassés par des gaz lacrymogènes.

Un…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Driss Rejichi

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com