« Tunisie libre, Tunisie libre ! Les agents étrangers dehors ! » scande la foule en passant devant l’ambassade de France, en plein centre-ville de Tunis. La manifestation, organisée par les soutiens du chef de l’État dimanche 19 mai, a pris des airs de démonstration de force. Les militants s’étaient donné rendez-vous via les réseaux sociaux, parvenant à réunir plusieurs centaines de participants au moins.
Dans la matinée, sur l’autoroute menant à Tunis, des bus floqués de drapeaux tunisiens étaient visibles. « Nous sommes venus jusqu’ici pour montrer que nous ne voulons pas d’intervention d’Etats étrangers en Tunisie » déclare Hassen Ben Hnia, président du conseil local de Ouled Hafouz, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid (centre du pays). Plusieurs représentants de ces assemblées locales, créées par la constitution de 2022, avaient fait le déplacement depuis différents gouvernorats, comme Sousse ou Monastir.
Trois jours avant la manifestation, le président de la République Kaïs Saïed annonçait convoquer « un certain nombre d’ambassadeurs étrangers », faisant suite à leur « ingérence dans les affaires intérieures » de la Tunisie. Une référence à peine voilée aux communiqués publiés en début de semaine par le Quai d’Orsay, le département d’Etat américain et l’Union Européenne, condamnant les récentes arrestations de personnalités publiques.
Vague d’arrestations
Samedi 11 mai, l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani avait été arrêtée à la Maison de l’avocat, lors d’une impressionnante intervention de police filmée en direct par les journalistes de France 24 – dont le caméraman avait aussi été interpellé avant d’être relâché. Le placement en détention de l’avocate faisait suite à des propos sarcastiques sur l’état du pays. Deux jours plus tard, c’était au tour de l’avocat Mehdi Zagrouba d’être placé en détention, subissant des violences…
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Auteur: Driss Rejichi, correspondant à Tunis (Tunisie)

