En Turquie, l'inflation plombe la "joie" du ramadan

Au coucher du soleil sur le Bosphore, la file s’allonge en attendant l’iftar, le repas de rupture du jeûne de ramadan offert par la municipalité d’Istanbul. Dans la foule des fidèles, beaucoup n’ont plus les moyens de le préparer chez eux.

« Nous sommes bien servis, mais ça ne remplace pas l’iftar à la maison. Il n’y avait pas autant de personnes les années précédentes », constate Huseyin Ozcan, qui a attendu plus d’une heure avant d’être servi.

C’est la première fois que ce retraité de 68 ans vient prendre son diner sous cette tente. Au menu: soupe de lentilles, épinards et pâtes.

« Avec ma pension, je n’ai plus de quoi préparer des repas comme lors des ramadans précédents. La nourriture coûte trop cher ».

Le taux d’inflation en Turquie a dépassé 67% en février sur un an, selon les chiffres officiels – près du double selon un groupe d’économistes indépendants.

Cette flambée concerne tout particulièrement les denrées alimentaires, qui a atteint 72% en 2023.

L’Union des chambres d’agriculture de Turquie a relevé que « depuis le dernier mois de ramadan (en 2023), trente-huit produits alimentaires ont vu leur prix augmenter sur les marchés ».

Dans le détail, cela donne +149% pour l’huile d’olive, devenue un luxe; +148% pour les abricots secs et +171% pour les figues sèches, un incontournable des tables de ramadan en Turquie.

« Pas la même joie »

Malgré les hausses régulières du salaire minimum – 17.000 livres turques (483 euros) – et des pensions de retraite pour compenser en partie cette envolée, l’inflation demeure un sujet brûlant à dix jours des élections municipales du 31 mars.

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