En Ukraine, ils développent une plante capable de capturer les métaux lourds

Vorzel (Ukraine), reportage

Une musique tonitruante précède un fourgon noir flanqué de drapeaux ukrainiens. « Un enterrement », chuchote Anastasiia Husieva, doctorante de 25 ans en protection des plantes. Elle et sa directrice de thèse, Tatyana Stefanovska, regardent passer le cortège qui emporte la dépouille d’un soldat dans un silence ému. Les troupes russes ont été chassées de Vorzel, petite ville voisine de la tristement célèbre Boutcha, il y a plus de quatre ans. Mais même ici, dans la région de Kyiv, la guerre continue de faire irruption dans une vie quotidienne rythmée par les alertes aériennes.

Le bas-côté de la route qui mène à la ferme universitaire de l’université nationale des sciences de l’environnement et de la vie (Nubip) est encore jonché de carcasses de chars russes, et de larges pans des forêts de pins alentour attendent toujours d’être déminés. Au milieu des stigmates d’une occupation brutale, une petite équipe de chercheurs teste une méthode innovante pour guérir les sols détruits par la guerre, dans le cadre du projet MilClimaTech financé par l’Otan, qui implique 6 universités dans 4 pays.

Alors que les combats font rage à l’est, il reste impossible de produire une estimation des dégâts à l’échelle du pays. Comme l’explique Valentina Pidlisnyuk, de l’université Jan Evangelista Purkinje en République tchèque, d’où elle coordonne le projet, « la contamination industrielle se répartit à travers un territoire, mais la contamination militaire, elle, est aléatoire. On peut trouver un sol sain et 10 cm plus loin un sol très pollué ».

Une chose est néanmoins certaine : avec une ligne de front de 1 200 km et des bombardements dans la plupart des régions du « grenier à blé de l’Europe », la régénération des sols s’annonce comme un défi majeur pour l’agriculture et la viabilité du territoire ukrainien.

« Les occupants ont fait des choses…

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Auteur: Pia de Gouvello