Notre journaliste Marie Astier a un grand potager, chez elle, dans les Cévennes. Dans cette chronique, elle livre astuces et réflexions parce que jardiner… c’est politique.
C’est déjà la fin de l’été et la maison s’est vidée. Pendant la belle saison, nous partons peu. Nous laissons amis et famille venir à nous. Quand vous habitez dans le Sud, facile de devenir une destination vacancière.
J’éprouve souvent un sentiment de décalage. J’imagine que mes visiteurs viennent pour les plongeons à la rivière et les apéros dans la tiédeur du soir. Mais pour moi, l’été, les congés sont synonymes de temps libéré pour, notamment, m’occuper du potager, alors au maximum de sa prodigalité.
Un autre travail, choisi, non rémunéré, s’installe. Nous nous levons souvent tôt avec mon compagnon pour arroser, pailler, désherber, récolter. Il y a quelques années, nous pouvions faire une partie de ces tâches tout en prenant l’apéro au jardin, mais le moustique tigre a rendu l’opération impossible. Nous avons dû décaler nos horaires.
Cueillir, ramasser, transformer, effeuiller, conserver…
Alors, quand le reste de la maisonnée s’éveille, les paniers sont pleins. La journée ne s’arrête pas là. Il faut transformer les tomates qui ne partent pas aussitôt en salade en coulis pour l’hiver. Congeler les surplus de haricots, poivrons et aubergines. Conserver de multiples manières les fruits, en compote, en jus, congelés, en confiture. Sécher et effeuiller les aromatiques, etc.
Ces activités sont, à première vue, de belles animations, bucoliques, de vacances. Mais notre production est suffisamment abondante pour rendre la tâche parfois pénible. Qui a envie de récolter les haricots au milieu des moustiques ? De couper des pommes tout un après-midi ? De passer une soirée à stériliser des coulis ou des compotes tout en faisant des montagnes de vaisselle ?
Pas tout le monde. Pas tous nos proches — même si…
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Auteur: Marie Astier

