Dans Laudate Deum, exhortation apostolique parue le 4 octobre, le pape n’y va pas de main morte : « Comme toujours, note-t-il, il semblerait que ce soit la faute des pauvres. Mais la réalité est qu’un faible pourcentage des plus riches de la planète pollue plus que les 50 % plus pauvres de la population mondiale, et que les émissions par habitant des pays les plus riches sont très supérieures à celles des pays les plus pauvres. » Mais, répondront les riches, le problème n’est pas tant que nous polluions plus que les pauvres ! Le problème est que les pauvres veuillent devenir aussi riches que nous, pour consommer comme nous et, comble du comble, polluer autant que nous ! Quelle folie, quelle indignité, quelle irresponsabilité ! Les pauvres, dans les yeux du riche, ne sont pas tant coupables d’être pauvres que de menacer sa richesse. Qu’ils veuillent conduire des voitures, qu’ils veuillent manger de la viande, qu’ils veuillent du chauffage, qu’ils veuillent voir du pays, qu’ils veuillent se divertir (n’a-t-on pas mieux à faire quand on est pauvre ?), voire se reproduire (quelle déraison, quel égoïsme !), voilà ce qui ne convient pas au riche. Absolument pas.
Mais l’on pourra opposer aux mots du pape toutes les projections économiques, toutes les courbes de natalité et tous les taux de croissance (dont il est par ailleurs bien informé), cela ne changera rien à l’exactitude de son propos. Car c’est l’injustice de l’esprit de richesse qu’il veut ici dénoncer et combattre. Aux jours de sa déambulation parmi nous en chair et en os, Dieu proclamait : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » (Mc 10, 23). Ou encore : « Quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! » (Lc 6, 24 s).
C’était évidemment par amour pour les riches, pour…
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Auteur: par Jean de Saint-CheronEssayiste

