La guerre en cours a endommagé des installations pétrolières et gazières, tandis que le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, reste bloqué. Résultat : le baril a dépassé les 100 dollars et, en France, le gazole atteint 2,25 euros le litre. Ces chocs énergétiques ont avant tout un impact inégalitaire. À l’échelle internationale, ils organisent un transfert de richesse des pays consommateurs vers les pays producteurs. Mais les inégalités se creusent aussi au sein des pays, entre secteurs et entre ménages.
Au niveau sectoriel, agriculteurs, pêcheurs ou transporteurs voient leurs coûts exploser. De l’autre côté, énergéticiens et distributeurs bénéficient de la hausse des prix, qu’ils anticipent et sur-répercutent, générant des surprofits. En 2022, aux États-Unis, pays s’étant le plus enrichi, les profits ont avoisiné les 281 milliards de dollars, contre une moyenne de 40 milliards sur 2016-2019.
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Non-productrice de pétrole, la France est concernée par le phénomène en raison des raffineurs distributeurs comme Total. En 2022, elle se classait ainsi au 9e rang des surprofits énergétiques : près de 20 milliards, environ le double des périodes passées. Certains, comme Laurent Wauquiez, souhaiteraient ajouter l’État à la liste des profiteurs de guerre, mais cela apparaît largement exagéré. Certes, les recettes de TVA augmentent mais, dans le même temps, la hausse des prix tend à réduire la consommation de carburant, tandis que l’État reste acheteur de produits pétroliers, notamment pour ses services publics.
Ces crises nous atteignent car la sortie des fossiles est encore trop lente.
Côté ménages, en 2019, les 20 % les plus pauvres…
Auteur: Alban Pellegris

