Dans plusieurs villes du Maroc, des mouvements de jeunes ont émergé pour dénoncer la misère sociale et l’abandon des services publics. Ce cri de révolte résonne bien au-delà des frontières : il interpelle celles et ceux issus de la diaspora. H., enfant de la diaspora, partage sa douleur face à la répression mais aussi sa fierté devant le courage de cette jeunesse qui brise le silence.
Nous sommes issus de la diaspora. Au fond, pour la grande majorité d’entre nous, les raisons qui ont poussé nos parents à émigrer dans les années 1980 ou 1990 pour l’Europe sont les mêmes que celles qui ont déclenché les manifestations à Agadir. Personne ne quitte son pays de gaieté de cœur pour faire – pour beaucoup – des métiers ingrats et subir de la discrimination dans un pays étranger. C’est pourquoi, en tant qu’enfants de la diaspora, nous avons le devoir de soutenir ce mouvement. Comment peut-on accepter qu’en 2025, pas moins de huit femmes meurent en accouchant ?
La corruption gangrène la société marocaine à tous les niveaux. Les élites s’enrichissent sur le dos du peuple, le chômage des jeunes est alarmant, l’accès à une éducation de qualité est terriblement insuffisant, et le système de santé publique est lamentable. Le gouvernement se moque du bien-être des citoyens.
Toutes les grandes infrastructures sont pensées pour le tourisme, à destination des touristes étrangers et cela au détriment des Marocains. Et ce qui semble le plus important pour ceux qui dirigent, c’est de lisser l’image du pays à l’international, quels que soient les problèmes auxquels sont confrontés les Marocains.
Patriotisme mal placé
Comment peut-on construire des stades de haut standing et laisser les hôpitaux dans un état catastrophique, avec un personnel médical vénal, incompétent, ou en sous-effectif ? Comment peut-on tolérer que des…
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