Le 25 octobre, à 6 heures du matin, Mohamed Bagary tombe sur un message Facebook publié par les Forces de soutien rapide (FSR), les troupes responsables des tueries à El-Fasher, au Soudan : « Il n’y a pas de blessés, il n’y a pas de vivants, tout le monde est mort. » Sous le choc, il comprend que toutes les communications avec sa ville natale ont été coupées, laissant la population seule et vulnérable face aux milices.
Originaire d’El-Fasher, l’épicentre des massacres perpétrés fin octobre par les FSR, Mohamed Bagary a grandi dans une région ravagée par la guerre depuis 2003. « Je fais partie de l’ethnie zaghawa, toujours ciblée », explique-t-il. Enfant, il a été élevé dans les camps de réfugiés, dans la peur et la méfiance, il se décrit comme « un enfant de la guerre ».
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Depuis 2023, deux groupes armés, les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) se livrent une guerre, entraînant en deux ans plus de 150 000 victimes et près de 13 millions de personnes déplacées. L’ONU qualifie cette guerre de « pire crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale ». Vingt ans plus tôt, déjà, « des milices brûlaient les villages, violaient les femmes et massacraient les hommes » pour déraciner les populations non arabes du Darfour. Des violences qui n’ont pas cessé depuis.
En 2017, il n’a plus d’autre choix que de fuir. « J’étais la cible première de ces milices. Soit je quitte le pays, soit je meurs. » Mohamed Bagary traverse d’abord le Sahara jusqu’en Libye, puis la Méditerranée sur une embarcation vers l’Italie. Arrivé en Normandie puis à Paris pour poursuivre ses études à l’Université Panthéon-Sorbonne.
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Auteur: Kamélia Ouaïssa

