La découverte et le sauvetage de quatre jeunes enfants indigènes, 40 jours après que l’avion dans lequel ils voyageaient se soit écrasé dans la forêt tropicale colombienne, ont été qualifiés par la presse internationale de « miracle dans la jungle ». Toutefois, en tant qu’anthropologue ayant mené des recherches ethnographiques sur le terrain pendant plus d’un an parmi les Andoke de la région, je ne peux me contenter de qualifier cet événement de miraculeux.
En tout état de cause, il ne s’agit pas d’un miracle au sens classique du terme. Si ces enfants ont survécu plus d’un mois durant dans un environnement si hostile, c’est plutôt grâce à leur connaissance de la forêt et à leur capacité d’adaptation transmises de génération en génération par les populations indigènes.
Des apprentissages fondamentaux dès le plue jeune âge
Tout au long des opérations de recherche, j’étais en contact avec Raquel Andoque, une ancienne maloquera (propriétaire d’une maison longue cérémonielle) et sœur de l’arrière-grand-mère des enfants. Elle a exprimé à plusieurs reprises sa conviction inébranlable que les enfants seraient retrouvés vivants, insistant sur l’autonomie, l’intelligence et la résistance physique propres aux enfants de la région.
Avant même d’entrer à l’école primaire, les enfants de cette région accompagnent leurs parents et leurs aînés dans diverses activités telles que le jardinage, la pêche, la navigation sur les rivières, la chasse et la récolte de miel et de fruits sauvages. Les enfants acquièrent ainsi des compétences et des connaissances pratiques, comme celles dont ont fait preuve Lesly, Soleiny, Tien et Cristin au cours de leur périple de 40 jours.
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Les enfants indigènes apprennent généralement dès…
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Auteur: Eliran Arazi, PhD researcher in Anthropology, Hebrew University of Jerusalem and the School for Advanced Studies in the Social Sciences (Paris)., Hebrew University of Jerusalem

