Enfants, école, travail, ville

Après trois vagues caniculaires, des chasses aux ventilateurs et des débats sur la clim’, force est de constater que nous ne savons pas bien quoi faire de nos suffocations. Francesco Demitry pense qu’il est grand temps que nous repensions de fond en comble l’organisation capitaliste de la ville, c’est-à-dire trouver les moyens de la penser autant que de la défaire.

L’école n’est pas un contenant neutre : c’est une société de corps, d’air, de sons, de rythmes, de chaises, de fenêtres, de temps, de désirs et de fatigues. Lorsque l’air devient irrespirable et que la chaleur bloque l’attention, on n’assiste pas à un accident extérieur à l’école ; on découvre plutôt que l’école n’existe que dans une écologie de relations qui la rend possible ou impossible, vivable ou invivable. Toute réalité vit de connexions, de contagion, d’imitation, de coexistence. Ici, la contagion n’est pas seulement biologique : elle est urbaine, politique, institutionnelle. La canicule se propage comme se propage une mauvaise organisation sociale. La souffrance n’est jamais seulement individuelle : elle est déjà une forme de la ville.

Les lieux de travail sont ainsi une société fragile. Simondon nous dirait de penser le présent non comme un bloc, mais comme un équilibre précaire entre environnement et individuation. Par exemple, une classe scolaire, en ce sens, n’est pas faite seulement d’élèves et d’enseignants ; elle est faite d’humidité, de ventilation, de différences de hauteur et de circulation de l’air, de temps d’exposition, de murs et de vitrages, d’attention qui se consume, de corps différents qui ne réagissent pas de la même manière. La chaleur ne frappe pas tout le monde de façon égale. Elle frappe davantage celles et ceux qui vivent dans des logements déjà surchauffés, qui ont moins accès à des espaces frais, qui ne peuvent pas se permettre la climatisation, qui arrivent sur leur…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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