Il faut passer devant plusieurs panneaux annonçant le « meilleur aéroport du monde » pour parvenir à la « zone d’attente » (1) de Paris-Charles de Gaulle, l’aéroport à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, à Roissy. Dans le réfectoire du bâtiment, les chaises et les tables sont fixées au sol. Un purificateur d’air tourne.
Une zone d’attente est un lieu d’enfermement administratif, souvent situé aux frontières, en l’occurrence à l’aéroport. Y sont retenues les personnes contrôlées à la sortie de l’avion qui n’ont pas les documents exigés pour entrer en France et en UE. Elles peuvent y rester 26 jours, le temps qu’ils se régularisent ou que la Police aux frontières [PAF] les remette dans un avion.
Aucune des fenêtres ne s’ouvre, pas plus ici que dans les chambres. Une mesure de « sécurité » depuis qu’une personne a tenté de s’évader il y a deux ans, en brisant une vitre et en s’échappant par le toit. Dans le bâtiment, une voix sort des haut-parleurs : plusieurs personnes sont priées de se rendre à l’accueil avec leurs bagages.
Garde à vue après refus d’embarquer
Ici, les personnes enfermées sont appelées « les non-admis », ou les « hébergés ». Parmi eux, Khaled* et Hamza, 25 ans tous les deux. Ces Palestiniens sont arrivés jeudi dernier de La Havane (Cuba), où ils ont étudié la médecine. Ils veulent rejoindre des amis et de la famille en Espagne, pour travailler mais n’ont pas eu de visa. Khaled a tout pris avec lui, son diplôme de l’université cubaine format A3, l’original. Son certificat de naissance palestinien. Des attestations de résidence de sa famille qui a obtenu la protection internationale en Espagne.
Auteur: Pauline Migevant

