Pendant longtemps, les quartiers populaires ont été racontés par d’autres. Comme des territoires à problèmes, à surveiller, à réparer, à reconquérir électoralement. Rarement comme des espaces politiques capables de produire de la pensée, des luttes, des alternatives ou des formes puissantes d’organisation collective. Et pourtant, ce qui émerge aujourd’hui dans le paysage politique français n’est pas une génération sortie de nulle part.
Avant les nouvelles figures politiques issues des quartiers populaires, les maires, les élus, les candidates, les militants associatifs aujourd’hui mis en lumière, il y a eu des décennies de luttes souvent invisibilisées. Des combats menés dans l’indifférence générale, parfois même dans l’hostilité.
Il y a eu les marches pour l’égalité. Les luttes contre les violences policières. Les associations de quartier. Les éducateurs de rue. Les femmes qui organisaient déjà les solidarités du quotidien sans attendre les institutions. Les premières listes citoyennes qui tentaient de réinventer une autre manière de faire de la politique depuis les territoires populaires.
Des mouvements comme le Mouvement de l’immigration et des banlieues ont porté très tôt des paroles politiques fortes sur le racisme, les discriminations, la représentation et la dignité des habitants des quartiers populaires. Cette histoire-là est essentielle. Parce qu’elle rappelle que ce que certains découvrent aujourd’hui comme une « nouvelle vague » est en réalité le résultat d’un immense travail politique, social et associatif mené depuis des décennies par des habitants qui ont refusé de disparaître politiquement.
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Auteur: Sanaa Saitouli

