Enquête sur la mort de Walter Benjamin

Nous publions cette semaine une enquête absolument géniale – aussi maniaque que minutieuse – sur les dernières heures de Walter Benjamin. Nous savons qu’il est « mort à Portbou en 1940 sur les chemins de la liberté » comme écrira, en guise d’épitaphe, son ami Gershom Scholem en exergue de son livre sur Les grands courants de la mystique juive. Soufflé depuis des années par un désespoir aussi irrespirable que l’air de son temps, Benjamin ne survivra pas au Pacte germano-soviétique qui alignera Staline sur la politique hitlérienne et reléguera la possibilité du communisme à une pensée qui ne réémergera qu’à partir des années 1970 et deviendra la source des courants politiques les plus fins et les plus sérieux de notre temps. Il s’agit de la traduction d’un long texte de l’écrivain norvégien Finn Iunker.

Le pacte germano-soviétique d’août 1939 l’avait laissé apathique et découragé. Après que la guerre avait éclaté le 1er septembre, il avait été interné, et il était presque sans forces quand il put retourner à Paris en novembre. En janvier 1940, il avait à peine la force de marcher. Au cours du printemps 1940, il évoqua sans cesse, dans ses lettres, la détérioration de son état de santé. Walter Benjamin dut ressentir comme un triomphe de pouvoir franchir les Pyrénées à pied. Mais il dut se sentir d’autant plus abattu quand lui et ses compagnons de route apprirent, en arrivant à Portbou, qu’ils seraient renvoyés en France, aux agents allemands qui les attendaient à la frontière. « Dans une situation sans issue, je n’ai d’autre choix que d’en finir, » écrit-il dans son dernier message à Theodor W. Adorno. Il avait assez de morphine pour tuer un cheval.

En franchissant la montagne, il aurait porté sur lui un manuscrit qu’on n’a pas retrouvé. Il aurait écrit à une femme à Genève une carte postale qui n’a pas été retrouvée non plus. On s’est demandé s’il…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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