Quelle part l’entreprise doit-elle prendre à la formation professionnelle des jeunes ? La question n’a rien de nouveau, pas plus que les revendications d’une adéquation entre les cursus proposés et les besoins des entreprises.
Les relations entre école et entreprises sont multiples. Une mise en perspective permet de repérer la grande diversité des expériences au fil des époques. Et cette histoire est source de réflexion alors qu’une énième et contestée réforme de l’enseignement professionnel est engagée en France.
Read more:
Lycée : surmonter les clichés sur la voie professionnelle
Si la création d’écoles dans certaines manufactures est déjà repérable au XVIIIe siècle, la deuxième moitié du XIXe siècle voit les tentatives s’intensifier pour introduire l’atelier à l’école, développer des écoles d’apprentis ou interroger les limites de l’apprentissage « sur le tas ».
On ne peut pas prétendre rendre compte de manière exhaustive de toutes les situations vu la grande variété des entreprises, de leurs secteurs d’activité ou des moyens qu’elles peuvent et veulent consacrer à la formation professionnelle des jeunes. Cependant, depuis le début du XXe siècle, on peut discerner trois configurations dans leurs relations avec l’école. Celles-ci traduisent une sédimentation et une imbrication de conceptions et de pratiques où s’affirment inégalement différents acteurs.
La persistance de l’apprentissage sur le tas
Au seuil du XXe siècle, nombre d’acteurs et d’observateurs s’inquiètent d’une « crise de l’apprentissage » liée aux changements techniques, à l’expansion de nouveaux secteurs économiques, aux transformations de l’organisation des entreprises.
La loi du 25 juillet 1919, dite loi Astier, généralement vue comme l’acte fondateur de l’enseignement technique en France, introduit une obligation de formation pour les…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Stéphane Lembré, Maître de conférences en histoire contemporaine, INSPE, Université de Lille

