« Les temps sont mauvais, les enfants ont cessé d’obéir à leurs parents et tout le monde écrit des livres », se lamentait Cicéron dans l’une de ses harangues les plus épiques. Et beaucoup aujourd’hui seraient tentés de reprendre à leur compte cette phrase du célèbre orateur romain.
C’est un phénomène qui se répète au fil de l’histoire : chaque génération tend à négliger ou dénigrer les valeurs que la génération précédente considérait encore comme fondamentales. Cette récurrence, loin de valider la pertinence de cette attitude, la rend d’autant plus suspecte : n’en dit-elle pas plus sur celui qui l’adopte que sur l’époque dont il parle ?
Bien écrire s’enseigne-t-il ?
L’enseignement de l’écriture n’a pas toujours de place claire dans les programmes académiques, malgré l’existence de nombreux manuels et classiques sur le sujet comme les livres de Delmiro Coto, celui de Frugoni, du groupe Grafein, ou encore de Queneau.
De nombreux obstacles restent à surmonter, de la taille des classes au temps de rédaction, en passant par les critères d’évaluation. Mais la question est plus profonde : il s’agit du manque de reconnaissance de l’écriture comme objet d’apprentissage.
L’écriture en tant qu’activité, ou habitude, ne peut être confondue avec la publication d’un livre. De même, écrire n’implique pas nécessairement d’être un écrivain professionnel. L’écriture et la lecture ne sont pas non plus des tâches opposées, l’une volant du temps à l’autre. Elles forment au contraire un cercle vertueux qui fait de l’écrivain un meilleur lecteur et du lecteur un meilleur écrivain. Car, comme le dit Álvaro Enrigue, un écrivain est avant tout un lecteur impénitent.
Dépasser les lieux communs sur l’écriture
Il est communément admis de dire que les jeunes écrivent très mal, de plus en plus mal, et qu’ils ne lisent pas. La tendance est-elle réelle ?…
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Auteur: Enrique Ferrari, Vicedecano de investigación de la Facultad Ciencias Sociales y Humanidades, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

